L'expression « assurance retraite » recouvre deux réalités. C'est d'abord le nom de la branche retraite du régime général de la Sécurité sociale, qui verse la pension de base des salariés du privé et des indépendants. C'est aussi, dans le langage courant, l'ensemble des contrats qui permettent de se constituer un complément de revenus pour la retraite.
Ce guide fait le lien entre les deux, pour toute la France : comment estimer ce que vous toucherez des régimes obligatoires, puis quelles solutions existent pour compléter cette pension (PER individuel, retraite supplémentaire d'entreprise, assurance vie). Il présente des règles générales et ne remplace pas une étude de votre situation.
À retenir
- La pension obligatoire se compose en général d'une retraite de base et d'une retraite complémentaire ; votre relevé de carrière est consultable sur info-retraite.fr.
- À partir de 55 ans, vous recevez une estimation indicative globale de vos droits, puis tous les cinq ans.
- Le PER individuel permet, dans un plafond, de déduire ses versements du revenu imposable ; l'épargne est en principe bloquée jusqu'à la retraite.
- L'entreprise peut proposer un PER collectif ou un PER obligatoire, parfois avec un abondement de l'employeur.
- L'assurance vie reste disponible à tout moment et complète utilement une épargne retraite bloquée.
Assurance retraite : de quoi parle-t-on exactement ?
L'Assurance retraite est l'organisme qui gère la retraite de base du régime général (salariés du secteur privé et, depuis 2020, la plupart des travailleurs indépendants). S'y ajoute une retraite complémentaire obligatoire, par exemple l'Agirc-Arrco pour les salariés du privé. Les fonctionnaires, les professions libérales et certains métiers relèvent d'autres régimes, avec leurs propres règles.
Ces régimes fonctionnent par répartition : les cotisations des actifs financent les pensions des retraités. Le montant de la pension dépend de la durée d'assurance, des revenus d'activité et de l'âge de départ. Il est en général inférieur au dernier revenu d'activité, dans une proportion qui varie fortement selon la carrière. C'est cet écart que l'on cherche à combler par une épargne retraite volontaire.
Comment estimer sa future pension avant de chercher un complément ?
Avant de choisir un produit, il faut connaître l'écart à combler. Le portail inter-régimes info-retraite.fr permet de consulter votre relevé de carrière, de signaler une période manquante et d'obtenir une simulation de pension selon l'âge de départ.
Vous recevez aussi des documents d'information automatiques : un relevé de situation individuelle à partir de 35 ans, puis une estimation indicative globale (EIG) à partir de 55 ans, renouvelée tous les cinq ans. L'EIG chiffre le montant estimé de votre pension, tous régimes confondus, selon plusieurs âges de départ. Les montants restent indicatifs : ils dépendent des règles en vigueur et de la suite de votre carrière.
Comparez ensuite cette estimation avec le revenu dont vous aurez besoin : charges fixes, logement, projets, aide éventuelle à vos proches. Le simulateur retraite aide à mesurer cet écart et l'effort d'épargne correspondant.
Le PER individuel : comment fonctionne-t-il ?
Le plan d'épargne retraite individuel (PER), créé par la loi Pacte, est ouvert à tous, salariés, indépendants ou sans activité. Les versements sont libres. Ils peuvent être placés sur un fonds en euros et sur des unités de compte, ces dernières présentant un risque de perte en capital. Une gestion pilotée peut réduire progressivement la part des supports les plus risqués à l'approche de la retraite.
Les versements volontaires peuvent être déduits du revenu imposable, dans un plafond. Pour 2026, selon service-public.fr (fiche F34982) :
- salarié : 10 % des revenus professionnels de 2025, avec un minimum de 4 710 € et un maximum de 37 680 € ;
- travailleur indépendant : un plafond spécifique calculé sur le bénéfice, dans la limite de 88 911 € (plafond annuel de la Sécurité sociale 2026 : 48 060 €) ;
- les plafonds non utilisés sont reportables ; pour ceux constitués à partir de 2026, le report est porté à cinq ans.
La déduction est un report d'imposition : les sommes déduites sont imposées à la sortie. Son intérêt dépend de votre taux marginal d'imposition aujourd'hui et à la retraite. Le plafond disponible figure sur votre avis d'imposition ; vérifiez votre situation sur impots.gouv.fr. Le simulateur PER et notre page PER détaillent ce mécanisme.
Quelles solutions de retraite supplémentaire l'entreprise peut-elle proposer ?
Une partie de l'épargne retraite passe par l'employeur. Deux dispositifs existent depuis la loi Pacte :
- le PER collectif (successeur du Perco) : ouvert à tous les salariés de l'entreprise qui le met en place ; il peut recevoir l'intéressement, la participation, des versements volontaires et un éventuel abondement de l'employeur ;
- le PER obligatoire (successeur des contrats dits « article 83 ») : réservé à l'ensemble des salariés ou à une catégorie objective, avec des cotisations obligatoires de l'employeur et, le cas échéant, du salarié.
Ces dispositifs sont souvent les plus intéressants à alimenter en premier lorsque l'employeur abonde vos versements. Renseignez-vous auprès de votre service des ressources humaines. Pour un dirigeant, la mise en place d'un dispositif collectif relève aussi de la politique de rémunération de l'entreprise.
Les PER sont transférables : à chaque changement d'emploi, vous pouvez regrouper vos plans sur un seul contrat, selon les conditions prévues par chacun.
Quelle place pour l'assurance vie dans la préparation de la retraite ?
L'assurance vie n'est pas un produit retraite au sens strict, mais elle est largement utilisée pour le devenir. Son atout est la disponibilité : l'épargne reste accessible à tout moment par des rachats partiels, que l'on peut programmer à la retraite pour compléter ses revenus. Seule la part de gains comprise dans chaque rachat est imposable, selon des règles qui tiennent compte de l'ancienneté du contrat.
Elle peut aussi être convertie en rente viagère et elle conserve un rôle de transmission grâce à la clause bénéficiaire. Pour le fonds en euros, le taux moyen servi en 2025 s'élève à 2,63 % selon l'ACPR ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Notre guide sur le rendement de l'assurance vie explique comment lire ce chiffre.
Capital ou rente viagère : comment récupérer son épargne retraite ?
À la retraite, l'épargne d'un PER issue des versements volontaires peut être récupérée en capital (en une ou plusieurs fois), en rente viagère, ou en combinant les deux. Les sommes issues des versements obligatoires d'entreprise sont en principe versées en rente. L'assurance vie laisse le choix entre rachats et rente.
La rente viagère garantit un revenu à vie, quelle que soit votre longévité, mais le capital n'est plus disponible. Le capital offre de la souplesse, mais c'est à vous de le gérer dans la durée. Le traitement fiscal diffère selon le contrat et selon que les versements ont été déduits : renseignez-vous sur service-public.fr avant de choisir.
Par où commencer pour compléter sa retraite ?
Une méthode simple en quatre étapes : vérifiez votre relevé de carrière, estimez votre future pension, chiffrez le revenu cible, puis choisissez les enveloppes en fonction de votre horizon, de votre fiscalité et de votre besoin de disponibilité. Commencer tôt laisse plus de temps aux versements et aux intérêts composés, et permet de lisser l'effort.
Constituez d'abord une épargne de précaution : le simulateur de capacité d'épargne aide à la dimensionner. Notre guide PER ou assurance vie compare les deux enveloppes, et un conseiller peut étudier votre situation lors d'un rendez-vous, au cabinet ou en visioconférence partout en France.
Quelles questions se pose-t-on le plus souvent ?
Qu'est-ce que l'estimation indicative globale ?
C'est un document envoyé automatiquement à partir de 55 ans, puis tous les cinq ans, qui estime le montant de votre future pension tous régimes confondus selon plusieurs âges de départ. Il est aussi consultable sur info-retraite.fr.
Quel est le plafond de déduction du PER en 2026 ?
Pour un salarié, 10 % des revenus professionnels de 2025, avec un minimum de 4 710 € et un maximum de 37 680 €. Pour un travailleur indépendant, le plafond peut atteindre 88 911 €. Le montant disponible figure sur l'avis d'imposition (source : service-public.fr, fiche F34982).
Peut-on débloquer un PER avant la retraite ?
Uniquement dans les cas prévus par la loi : achat de la résidence principale pour les versements volontaires, décès du conjoint ou du partenaire de Pacs, invalidité, surendettement, fin des droits au chômage, liquidation judiciaire.
Assurance vie ou PER pour compléter sa retraite ?
Les deux sont souvent complémentaires : le PER offre une déduction des versements en contrepartie d'un blocage jusqu'à la retraite, l'assurance vie reste disponible à tout moment. Le choix dépend de votre fiscalité, de votre âge et de vos projets.
Que devient un PER d'entreprise quand on change d'employeur ?
Vous le conservez et pouvez le transférer vers un autre PER, par exemple un PER individuel, selon les conditions prévues par les contrats. Cela permet de regrouper son épargne retraite.
Important
Ce guide présente des règles générales, à jour à sa date de publication, et ne constitue pas un conseil personnalisé, fiscal ou en investissement. Les montants, plafonds et taux fixés par la loi peuvent évoluer : vérifiez-les sur service-public.fr ou impots.gouv.fr. Les exemples chiffrés sont illustratifs. GIEA Paris 16 (KN Patrimoine et Assurances) est courtier en assurance, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 25009835.